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jeudi 26 février 2015

Les Mémoires de Zeus - Maurice Druon, de l'Académie Française

"Moi, Zeus, roi des dieux, dieu des rois, je vais vous conter mon histoire."

Maurice Druon (1918-2009) est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, allant du conte au roman historique. Résistant pendant la guerre, il reçoit juste après celle-ci, en 1948, le prix Goncourt pour Les Grandes Familles. Il rejoint l’Académie Française en 1966.
Les Mémoires de Zeus, rééditées par les éditions Bragelonne, réunit les deux tomes de ce dyptique ainsi qu’une préface de l’auteur. 

Synopsis :
Zeus se réveille d’un sommeil long de 2000 ans et découvre ce que nous, les Mortels, sommes devenus depuis la fin de son règne. Il constate alors que nous l’avons oublié et que nous sommes toujours aussi petits, querelleurs, orgueilleux… Zeus, roi des dieux, dieux des rois, décide alors de nous raconter son histoire, dans l’espoir de nous rendre meilleurs, en nous expliquant que la vie n’est pas plus facile pour un dieu…

Statue de Zeus
Les plus :
- Toute la mythologie grecque est couverte par le récit, sans détails négligés ou omis.
- Le premier tome, L’Aube des Dieux, est très intéressant : il comporte la description de la création du monde et de l’accession au pouvoir de Zeus.
- Certains éléments du roman tendent vers la Science-fiction et la Fantasy.
- Une très belle écriture, érudite, mais qui ne nécessite pas le recours à un dictionnaire pour être comprise.
- Le personnage principal, qui est pourtant un dieu, est finalement attachant car très humain.
- Une œuvre qui amène à réfléchir sur des thèmes extrêmement variés, sans jamais faire la morale.

Les moins :
- Sans être mauvaise, la fin du deuxième tome, Le Jour des Hommes, est un peu en-dessous du reste, surtout le passage avec Héraclès qui traîne en longueur...
- Quelques idées et arguments peuvent faire tiquer, voir même choquer le lecteur.


Zeus possède un véritable don de conteur. En écoutant son récit, nous vivons toutes les étapes de la mythologie grecque, et pas seulement les épisodes les plus importants. Maurice Druon a réalisé un travail de recherche homérique pour réunir tous ces mythes éparpillés, sans chronologie, parfois même contradictoires. On obtient un texte parsemé de rebondissements, aux intrigues multiples, qui se lit avec une facilité déconcertante.

Le mont Olympe, Grèce
En effet, il ne faut surtout pas trembler devant l’académicien. Sa prose est certes érudite, élégante, mais on est bien loin de la complexité de certains auteurs du début du XXe siècle à la recherche d'un temps perdu. On ne s’ennuie jamais vraiment, sauf, je dois l’avouer, dans l’avant-dernière partie du livre. Si le tome 1 est particulièrement passionnant, car expliquant la création du monde et les premiers temps du règne de Zeus... j’ai trouvé le tome 2 un peu moins intéressant et notamment lorsque le dieu nous narre les mythes célèbres, dont les travaux d’Hercule. Le fait de bien connaître ces péripéties m’a probablement rendu la lecture moins surprenante.

C’est avec L’Aube des Dieux (le tome 1) que le récit flirte le plus avec la science-fiction : le monde est façonné par Ouranos, le Ciel, une entité qui arrive d’un lieu reculé de l’Univers et qui, connaissant le secret du "Chiffre", peut créer la vie… Maurice Druon aborde tous les thèmes (l'existence, la mort, la guerre, la politique, l'amour, la sexualité...) à travers son récit. Il réactualise les mythes grecs pour nous faire réfléchir sur nous-mêmes, pour exposer des idées parfois très modernes (je pense notamment à sa vision extrêmement tolérante de l'homosexualité). Évidemment, on ne peut pas toujours être d'accord avec l'auteur et certaines de ses idées ont du potentiel pour choquer le lecteur : les arguments contre le monothéisme ne pourront pas être au goût de tout le monde... après tout, Zeus fait aussi parfois preuve de mauvaise foi (j'ai relevé quelques situations un brin sexistes). Cependant, que l'on soit d'accord ou non avec lui, on ne peut qu'admirer la manière dont l’auteur se sert de ces fables, de ces allégories que sont les dieux pour en tirer une morale. Ainsi, grâce au Mémoires de Zeus, Maurice Druon nous rappelle que "les mythes sont la mémoire du monde".

Quentin.

Pour les étudiants de l'IUT Quai Frissard, cet ouvrage est en prêt au Centre de Doc' !

jeudi 12 février 2015

Zeus, coach en séduction.

Pour la Saint Valentin, nous vous avons préparé un article spécial... Chacun de nous vous propose une des "histoires d'Amour" de Zeus (liste non exhaustive, il y en a bien plus). 
Chroniques des Panthéons vous prévient, suivre les méthodes du dieu des dieux n'est peut-être pas conseillé...

 

Mnémosyne

Elle est la fille de Gaia et d'Ouranos, deux divinités primordiales dans la mythologie grecque. Gaia est l'ancêtre maternel des races divines. Ouranos, par ailleurs fils de Gaia, est aussi un de ses époux. Il personnifie le ciel et la vie.

De leur union naquirent bien des êtres divins (titans, cyclopes…). Mnémosyne est une titanide. Elle est la déification de la mémoire. Elle passe pour avoir inventé les mots et le langage, donnant un nom à chaque chose et nous offrant ainsi la possibilité de nous exprimer. Zeus, maître de l’olympe est séduit par son charme. Par un de ses malicieux artifices, il se changera en berger (la rusticité plaît aux femmes, c’est bien connu) pour conquérir le cœur de la belle. Ainsi, pendant neuf nuits d’affilée, nos deux amoureux s’envoyèrent aux cieux comme seuls les dieux savent le faire. Par la suite elle accouche de neuf filles : les Muses (en cas de problèmes de fertilité, appelez Zeus ou Mnémosyne).

Chacune de ces muses correspondait à un domaine de la connaissance. La littérature avec Erato et Calliope, respectivement pour la poésie légère et épique. Le théâtre avec Melpomène et Thalie, la tragédie et la comédie. La musique avec Euterpe. Le chant avec Polymnie. La danse avec Terpsichore. Et enfin l’histoire et les sciences avec Clio et Uranie. 
Vincent.


Athéna jaillissant du crâne de Zeus
Métis
Parlons un peu de la première conquête de Zeus : Métis, la déesse de la Ruse. Il la convoite depuis un bon moment, mais elle ne cesse de se métamorphoser pour lui échapper. Et elle a bien raison de s'enfuir... Mais il parvient tout de même à la conquérir et elle tombe enceinte très vite. Pour le moment, tout va bien. Jusqu'au jour où un oracle prédit que son deuxième enfant détrônera Zeus...Que faire devant une telle menace ? L'enfermer ? Non, trop facile...La tuer ? Non, trop cruel... La manger et s'approprier ses qualités ? Non, il ne va pas oser... Et pourtant si ! Il va piéger Métis en lui demandant de se transformer en diverses choses, notamment en goutte d'eau. Et il l'avalera... 

Mais il reste un petit problème : Métis n'a pas accouché... soudainement Zeus est pris d'un violent mal de tête et Athéna, la déesse de la sagesse et de la guerre jailli du crâne de son père tout en armure et munie des vertus de sa mère.
Mélanie.

 

Ganymède

Si vous pensiez être à l'abri des faveurs de Zeus, messieurs, lisez donc ce qui suit.
Ce jour-là, le Roi des dieux se prélassait sur un nuage lorsqu'il se pencha vers sa grand-mère, la Terre, pour observer les Hommes. Son divin regard se posa sur Ganymède, le fils du Roi Tros. Étendu au milieu d'une prairie, entouré par son troupeau de moutons, le jeune homme dormait paisiblement. A la vue du le plus beau des mortels, ce fut pour Zeus un véritable coup de foudre. Au sens figuré (Ganymède ne finit pas carbonisé). Le dieu pris alors l'apparence d'un aigle majestueux qui fondit sur le prince et l'enleva.
Une fois sur l'Olympe, Zeus en fit son échanson : Ganymède, le Verseau, lui sert désormais à boire (et plus si affinités), à la place de sa fille Hébé, déesse de la Jeunesse. Malgré la colère et la jalousie de sa mère Héra, Hébé, quant à elle, apprécia que son père assume enfin sa bisexualité.
Quentin.

Callisto
Voici l'histoire de Callisto, une nymphe prêtresse d'Artémis (fille de Zeus et déesse de la chasse et de la nature), à qui la jolie damoiselle avait juré fidélité et une chasteté éternelle. Sauf que Zeus, en apercevant Callisto depuis son nuage, en tomba éperdument amoureux. Mais pour passer outre la promesse de virginité de la jeune fille, le dieu des dieux choisit de prendre une autre apparence. Celle... d'Artémis.
Toujours est-il que Callisto se laissa duper. Manque de chance, elle tomba enceinte au passage. Lorsqu'elle s'en rendit compte, Artémis (la vraie, cette fois), entra dans une rage folle et menaça la pauvre nymphe de la transformer en cible mobile si elle ne se carapatait pas dans la seconde. Comme si ça ne suffisait pas, Héra, la femme de Zeus, agacée par cette énième escapade nocturne de son mari, transforma la nymphette en ourse, la condamnant à se cacher dans les montagnes.

Quelques temps plus tard, Artémis (extrêmement rancunière), retrouva l'ourse, et la tua d'une flèche. Zeus, se sentant responsable (ça devait être la première fois qu'il éprouvait des remords...), récupéra Callisto, et la mit dans les étoiles, faisant d'elle la constellation de la Grande Ourse. Leur enfant, quant à lui, la rejoindra plus tard pour devenir la Petite Ourse.
Albin.

L'Enlèvement d'Europe,
D. Vélasquez
Europe
L’Europe... son étymologie divise les chercheurs mais une des origines probables de ce nom remonte aux grecs de l'Antiquité et à un mythe : celui de la liaison entre Europe et Zeus. Une fois n'est pas coutume, Zeus fut attiré par une phénicienne nommée Europe dont la beauté était sans pareille. Afin de se cacher de sa femme Héra et d'approcher subtilement la jeune fille, Zeus prit l'apparence d'un magnifique taureau blanc. A l'approche du majestueux animal, Europe fut tout d'abord effrayée mais, rapidement séduite, elle accepta de monter sur son dos. Zeus l'enleva et l'amena, à la nage, jusque sur l’île de Crète où il la viola.


De cette étreinte forcée naquirent trois enfants dont Minos, le futur roi de Crète et instigateur du célèbre labyrinthe.
Damien.

Alcmène
Chers lecteurs, poursuivons notre tour d'horizon des conquêtes du plus prolifique de tous les dieux greco-romains avec l'affaire Alcmène. D'après la légende, celle-ci était dite fille d'Electryon (descendant de Persée ainsi que d'Andromène, et accessoirement roi de Mycènes) et épouse du roi Amphitryon de Tirynthe. Il est dit également qu'elle fut séduite par le maître de l'Olympe qui avait pris l'apparence de son mari alors que celui-ci était en campagne militaire, et qu'en amant insatiable il avait même ordonné au dieu du soleil Helios de ne pas se lever durant trois jours. Mais l'histoire ne s'arrête pas là ! De retour de guerre, le véritable Amphitryon ne s'aperçoit pas de la supercherie et honore à son tour sa femme, la rendant enceinte d'un certain Iphiclès.

Il en résulte que la reine finit par accoucher de deux enfants : l'héritier légitime en premier parce que  la déesse Héra aurait retenu suffisamment longtemps les déesses de l'accouchement, les Illithyes. Et devinez qui est le bâtard à l'illustre ascendance ? Un certain Hercule, qui héritera, en sus d'un destin aussi prodigieux que tragique, du goût pour les femmes de son paternel. Mais ceci est une autre histoire…
Félix.

 


Danaé, G. Klimt
Danaé 
Elle est la fille d’Acrisios, le roi d’Argos. Un oracle ayant prédit à ce dernier que son petit-fils le tuerait, il boucla sa fille dans une tour de bronze scellée par des portes d’airain gardées par des chiens féroces. Cependant, de telles précautions n’étaient pas suffisantes pour empêcher Zeus de parvenir à ses fins. Ainsi, le dieu rendit visite à Danaé sous forme d’une pluie d’or et la rendra mère de Persée. Acrisios apprit le méfait et ne voulut pas croire que le père était Zeus mais Proetos, son propre frère. Se refusant à tuer sa fille, le roi l’enferma avec son petit-fils dans un coffre en bois qu’il lança à la mer. Celui-ci flotta jusqu’à l’île de Sériphe et les deux survivants firent recueillis par Dictys, un pêcheur. Il les amena à son frère le roi Polydecte. Le souverain éleva le garçon et voulu épouser Danaé qui refusa.

C’est l'une des raisons pour lesquelles Persée partit combattre Méduse : Polydecte ne voulait plus qu’il soit un obstacle de plus à son union et l’envoya en espérant bien qu'il y laisserait sa peau.
Fiona.

Io
Io, prêtresse au temple d'Héra, est un jour remarquée par le puissant Zeus, dont elle devient rapidement la maîtresse. Le dieu la rencontre lors de nombreux rendez-vous en prenant la forme, pour plus de discrétion, d’un nuage. Mais cela ne suffit pas à tromper la vigilance d'Héra, qui surprend les deux amants. Afin de la sauver de la colère de sa femme, Zeus changea Io en génisse blanche. Toujours à l’affût, Héra, qui est loin d'être dupe, demanda la vache en présent. Zeus continuera à rendre visite à Io en cachette, en se changeant en taureau. Afin de contrer une nouvelle fois son époux, Héra confia la génisse au géant Argos « celui qui voit tout », géant aux 100 yeux, dont 50 sont aux aguets tandis que les 50 autres dorment.
Zeus chargera alors son fils Hermès de tuer le géant. Après l'avoir endormi grâce à une longue histoire et le son de sa harpe, Hermès coupa la tête du géant dont Héra récupérera les yeux pour en parer la queue de son animal fétiche : le paon.

Héra envoie alors sur Io un taon qui la pique sans relâche, la forçant à s'enfuir. 
Durant cette fuite, elle rencontrera Prométhée, enchaîné sur le mont Caucase, qui lui révélera qu'elle deviendra l’ancêtre d'Hercule. 

Charlène.

Joyeuse Saint Valentin à tous !